Comment un pervers narcissique retourne toujours tes propres mots contre toi

Tu sais ce qui est le plus tordu avec un pervers narcissique ? Ce n’est pas ce qu’il fait. C’est ce qu’il te fait croire que tu fais. C’est cette façon vicieuse qu’il a de prendre tes mots, tes émotions, tes confidences les plus sincères… et d’en faire des armes contre toi. Tu ouvres ton cœur, et il s’en sert pour te poignarder. Tu veux être compris, et il utilise ta vérité pour te faire douter. C’est un jeu psychologique cruel, déguisé en conversation ordinaire. Et si tu l’as déjà vécu, tu sais de quoi je parle.

Au début, tout semble normal. Il t’écoute. Il te comprend même. Tu te dis : “Enfin quelqu’un qui me voit, qui m’entend.” Et puis, petit à petit, quelque chose se déforme. Tes phrases, que tu pensais claires, reviennent tordues. Tes mots te reviennent dans la figure, vides, arrachés de leur sens. Tu ne comprends plus comment on en est arrivé là. Tu pensais expliquer, tu finis par t’excuser. Tu pensais être sincère, tu finis par douter de toi. C’est ça, la manipulation invisible. Elle ne crie pas. Elle use.

L’arme préférée du pervers narcissique : ta propre voix

Un pervers narcissique n’a pas besoin de hurler. Il a juste besoin de tes mots. Tes émotions, ton besoin de clarté, ton envie d’être entendu : c’est son terrain de jeu. Il t’écoute, pas pour te comprendre, mais pour te cartographier. Il repère ce qui te touche, ce qui t’irrite, ce qui t’importe. Et ensuite, il s’en sert.

Tu dis “je me sens triste” ? Il entend “faiblesse à exploiter”. Tu dis “je suis fatigué(e)” ? Il entend “prétexte pour me culpabiliser”. Tu dis “j’ai besoin d’espace” ? Il entend “ouverture pour inverser la faute”.

Petit à petit, tes mots ne t’appartiennent plus. Ils deviennent ses outils. Et toi, tu deviens prisonnier de ton propre langage.

1. Le retournement de responsabilité

Tu lui dis : “J’ai été blessé(e) par ce que tu as dit.” Il répond : “Ah bon ? Tu me fais encore passer pour le méchant, comme toujours.”

Boum. En une phrase, la scène s’inverse. Celui qui a fait mal devient victime, et toi, tu deviens le bourreau. C’est une gymnastique émotionnelle redoutable : tu es obligé(e) de te justifier, de te calmer, d’expliquer que ce n’était pas ton intention. Et lui, pendant ce temps, reprend le contrôle.

Ce n’est pas un accident. C’est une stratégie. Le pervers narcissique ne cherche pas à résoudre un conflit. Il cherche à garder la domination émotionnelle. Chaque phrase est une partie d’échecs, où ton ressenti devient une pièce à renverser.

2. Le glissement de sens

Tu dis : “Je me sens ignoré(e).” Il réplique : “Tu dis que je ne fais jamais rien pour toi ?”

C’est subtil, mais c’est redoutable. Tu parlais de ton ressenti (“je me sens”), il transforme ça en accusation (“tu dis que”). Ce petit déplacement change tout. Tu passes de la vulnérabilité à l’attaque, et tu perds la légitimité de ton émotion. Il t’oblige à te défendre au lieu d’être entendu.

Et là, tu entres dans le piège : tu expliques, tu détailles, tu t’excuses, tu perds ton centre. Pendant ce temps, lui gagne du terrain. C’est une usure mentale lente, une érosion de ta parole. Tu n’oses plus parler librement, parce que chaque mot peut exploser dans ta main.

3. Le chantage émotionnel avec tes mots

Tu dis : “J’ai besoin d’un peu de distance pour réfléchir.” Il te balance : “Ah, donc tu veux m’abandonner, comme tout le monde ?”

C’est violent. Parce qu’il prend ton besoin et le transforme en culpabilité. Tu exprimes une limite saine ; il en fait un crime affectif. Tu n’as plus le droit de poser des frontières sans passer pour un monstre. Et à force, tu cèdes. Tu restes. Tu encaisses. Parce que tu as peur d’être “celui qui fait du mal”.

Et c’est exactement ce qu’il veut : te voir douter de ton droit à exister.

4. La déformation de ton langage intime

Tu lui confies : “J’ai peur de cette relation.” Il répond : “Tu dramatises encore. Tu veux juste attirer l’attention.”

Il ne t’écoute pas. Il te redéfinit. Tes émotions deviennent des défauts. Tes fragilités deviennent des reproches. Et à force d’être ainsi déformé, ton langage s’éteint. Tu commences à te censurer. Tu choisis tes mots, tu évites les sujets, tu t’écrases. Et c’est là qu’il gagne vraiment : quand tu t’auto-musèles.

5. Le brouillage de ta mémoire

Ce mécanisme est peut-être le plus terrifiant. Tu dis quelque chose, calmement. Deux jours plus tard, il t’affirme que tu as dit autre chose. Et il le dit avec tellement d’assurance que tu doutes. Tu fouilles ta mémoire. Tu veux être juste. Mais tu ne sais plus. Et tu finis par te dire : “Peut-être que j’ai mal formulé…”

Non. Tu n’as pas mal formulé. Tu as été gaslighté. C’est-à-dire : manipulé pour douter de ta réalité. Et c’est ça le pouvoir ultime du pervers narcissique : te faire remettre en question ton propre souvenir. Parce qu’un esprit qui doute de lui-même devient malléable.

Pourquoi ça marche ?

Parce que tu es une personne sincère. Parce que tu veux comprendre, pas dominer. Parce que tu penses que tout se règle par la communication, l’écoute, la bienveillance.

Et tu as raison, mais pas avec ce genre de personne. Le pervers narcissique ne cherche pas la paix, il cherche la prise. Il veut ton énergie, ton attention, ton déséquilibre. Et il utilise ton besoin d’harmonie comme levier.

Il s’infiltre dans tes mots comme un virus. Il les retourne, les vide, les retourne encore. Jusqu’à ce que tu ne saches plus ce qui est vrai. Et quand il t’a brisé, il te reproche d’être “confus(e)”, “instable”, “trop émotif(ve)”.

C’est comme si tu étais coincé(e) dans une salle de miroirs déformants : tout ce que tu dis te revient tordu. Et le jour où tu te regardes dedans, tu ne te reconnais plus.

Reprendre le pouvoir de ta voix

La sortie commence par une chose simple, mais cruciale : reprendre tes mots. Tes phrases. Ton droit à dire. Même si personne ne t’écoute, même si tu trembles, même si c’est confus : parle. Écris. Pose tes mots à plat. Ils sont ton ancrage.

Quand il te dit : “Ce n’est pas ce que tu as dit”, réponds : “C’est exactement ce que j’ai dit.” Sans hausser le ton. Sans te justifier. Juste avec calme et certitude. Ce genre de réponse détruit son pouvoir, car elle montre que tu ne cherches plus à convaincre, mais à exister.

Fixe-toi aussi des phrases-repères. Des phrases qui te ramènent à toi, quand tu sens la confusion revenir. Des trucs comme :

“Ce que je ressens est légitime.” “Je n’ai pas à me défendre pour avoir exprimé une émotion.” “Ma perception compte.”

Ces phrases simples te reconnectent à ton axe intérieur. Elles te rappellent que ta vérité ne dépend pas de son interprétation.

Et après ?

Tu ne peux pas “gagner” face à un pervers narcissique. Parce que son jeu, c’est le désordre. La seule victoire, c’est la clarté. C’est reprendre ta voix, ton langage, ton regard. C’est comprendre que tu n’as rien fait de mal en voulant aimer, parler, comprendre.

Et surtout : ce n’est pas toi qui es trop. C’est lui qui est vide.

Le moment du déclic

Si tu sens que ces lignes te parlent, que tu te reconnais, que tu vis ce cycle où chaque mot devient une arme contre toi… alors c’est le moment de te reconnecter à ta propre vérité. Parce que c’est ça que ces relations détruisent d’abord : ta connexion intérieure.

Je te recommande vivement un parcours de 52 exercices pour te reconnecter à toi-même, créé par Francis Machabée, un expert en psychologie positive. Ses exercices sont simples, humains, et puissants. Ils t’aident à retrouver cette boussole intérieure qu’on t’a volée petit à petit. À remettre de la clarté, du calme et du sens dans ton esprit. Si tu ressens ce besoin de te retrouver, fais-le maintenant. C’est un pas doux, mais décisif, vers ta liberté intérieure.

Tu vois, au fond, les pervers narcissiques ne supportent qu’une chose : la clarté. Parce que la clarté, c’est la lumière. Et dans la lumière, leur pouvoir s’effondre.

Alors éclaire. Dis. Pose tes mots. Même maladroits. Même brisés. Parce qu’ils te ramènent à toi. Et une fois que tu t’es retrouvé(e), crois-moi… plus personne ne pourra retourner tes mots contre toi.

À lire : Les 7 visages du pervers narcissique : l’art de détruire sans en avoir l’air

Par Gabriel Tellier

Gabriel Tellier bouscule les certitudes et pousse à l’action. Avec un regard lucide et des conseils concrets, il aide à mieux comprendre ses blocages, à se remettre en question et à avancer vers une vie plus épanouissante.