La vraie raison pour laquelle tu te sens vide en décembre…

Il y a quelque chose de particulier avec le mois de décembre, et si tu lis ces lignes, tu sais exactement de quoi je parle. Ce n’est pas juste la neige, les lumières, les chansons de Noël qui tournent en boucle. C’est ce sentiment étrange à l’intérieur. Comme un creux. Pas forcément une grosse dépression, pas un drame spectaculaire, mais un vide sourd, un malaise discret qui t’accompagne en arrière-plan pendant que tout le monde semble excité par “la magie des Fêtes”. Tu souris, tu joues le jeu, tu réponds “oui ça va” quand on te le demande, mais au fond, il y a un décalage. Et ce décalage, tu le ressens chaque année, sans vraiment savoir quoi en faire.

On te dit que décembre, c’est le mois de la joie, de la famille, de la gratitude. On t’encourage à faire des bilans positifs, à célébrer ce que tu as. Mais ton corps, lui, raconte parfois une autre histoire. Il parle de fatigue, de lassitude, de lourdeur. Tu sens que quelque chose cloche, mais tu n’arrives pas à mettre des mots dessus. Alors tu te dis que tu exagères, que tu devrais “profiter”, que d’autres ont pire que toi. Bref, tu te culpabilises d’être humain. Pourtant, ce vide en décembre n’est pas un caprice. Il a un sens. Et quand tu le comprends, tu arrêtes enfin de te battre contre toi-même.

Ce que décembre réveille vraiment en toi

Décembre, ce n’est pas juste un mois, c’est une loupe. Toute l’année, tu cours. Tu gères le boulot, les obligations, la famille, les imprévus. Tu jongles avec les choses urgentes, tu t’adaptes, tu encaisses. Il y a des choses que tu ressens mais que tu repousses à plus tard : “je réglerai ça après”, “j’en reparlerai quand ça ira mieux”, “ce n’est pas le moment”. Et tu as raison sur un point : dans le feu de l’action, ce n’est jamais le moment. Sauf qu’à force de remettre, tu accumules. Et décembre, avec sa fin d’année qui approche, vient t’envoyer la facture émotionnelle.

Ce mois te force à te confronter à ce que tu as essayé d’ignorer. Tu te retrouves face à ce que tu n’as pas dit, ce que tu n’as pas fait, ce que tu as laissé mourir en silence. Les projets que tu n’as pas lancés. Les limites que tu n’as pas posées. Les relations que tu as laissées traîner alors qu’elles ne t’apportent plus rien. Les émotions que tu as enfouies pour rester “fonctionnel”. Tout ça remonte, pas sous forme de gros orage, mais sous forme de vide. Ce vide n’est pas un trou, c’est un espace saturé de non-dits.

Et au milieu de cette intensité émotionnelle, tu te retrouves coincé entre deux mondes : d’un côté, l’image qu’on attend de toi en décembre, souriant, disponible, festif. De l’autre, ce que tu ressens pour de vrai : de la fatigue, de la confusion, parfois une profonde solitude même au milieu du monde. Ce décalage-là fait mal. Parce que tu as l’impression de ne pas être “comme il faut”, de ne pas réussir à “rentrer dans la vibe”. Et plus tu t’efforces de jouer ton rôle, plus tu sens ce vide s’élargir à l’intérieur.

Le vide de décembre n’est pas un problème, c’est un signal

On t’a appris à voir ce vide comme quelque chose de négatif. Un bug, un défaut, un signe que tu as raté quelque chose. Alors que la vérité, c’est que ce vide est un signal. Il vient te dire : “Regarde. Écoute. Arrête de faire semblant.” C’est ton système interne qui, à force de tout encaisser en silence, tire la sonnette d’alarme. Ce n’est pas une punition, c’est une tentative de te ramener à toi.

Le problème, c’est que la plupart du temps, tu fais tout pour ne pas l’écouter. Tu le bourres de distractions : séries, bouffe, réseaux sociaux, travail en plus, sorties forcées. Tu remplis ton temps pour ne pas sentir le manque. Tu remplis ta tête pour ne pas entendre ce que ton cœur veut dire. Tu remplis ton agenda pour ne pas avoir à te poser les vraies questions. Tu fais tout pour éviter précisément ce que ce vide essaie de mettre en lumière.

Et pourtant, plus tu le fuis, plus il revient fort. C’est comme un rappel automatique : tant que tu ne prends pas le temps de te regarder en face, décembre va revenir avec le même message. C’est pour ça que tu as l’impression de revivre chaque année la même sensation bizarre à cette période. Ce n’est pas le hasard. C’est un cycle. Et ce cycle ne se casse pas en décorant plus ton sapin, en mettant plus de musique de Noël, ou en t’obligeant à être “dans l’esprit”. Il se casse en acceptant de t’arrêter et de te demander : “Qu’est-ce que je ne veux plus ignorer dans ma vie ?”

Les 3 vraies sources de ce vide intérieur en décembre

1. Tu as passé l’année à t’ajuster aux autres, pas à toi

La première raison, et souvent la plus brutale, c’est que tu as passé l’année à répondre aux attentes des autres. Tu as dit oui alors que tu pensais non. Tu as mis ton énergie dans des choses qui ne t’allumaient plus vraiment, mais que “tu devais faire”. Tu as porté des rôles : l’ami disponible, l’enfant raisonnable, le collègue fiable, le partenaire stable. Tu as essayé de ne pas décevoir. Résultat : tu t’es oublié en chemin.

En décembre, quand le rythme ralentit un peu ou qu’au contraire il devient encore plus intense, tu te rends compte qu’il n’y a plus beaucoup d’espace pour toi là-dedans. Tu as rempli ton année de “devoirs” et de “faut que”, mais combien de fois as-tu honoré un vrai “j’ai envie de” ? Le vide que tu ressens, c’est l’écart entre la vie que tu as menée et la vie que tu aurais voulu mener. C’est la réalité qui te chuchote : “Tu existes pour autre chose que cocher des cases.”

2. Des blessures et des deuils que tu n’as jamais vraiment digérés

Décembre réactive aussi des souvenirs. Parfois très anciens. Une chaise vide à table. Une relation brisée. Une enfance compliquée. Des Noëls où tu t’es senti de trop, où tu t’es senti invisible, où tu as compris que l’amour pouvait être conditionnel. Ce mois contient une mémoire émotionnelle que ton corps n’oublie pas, même si ta tête essaie de l’enterrer. Les fêtes de fin d’année sont chargées de symboles : la famille, l’amour, la chaleur, l’abondance. Si tu as manqué d’un de ces éléments, ou si tu en as une image abîmée, cette période va forcément réveiller quelque chose.

Le vide que tu ressens, ce n’est peut-être pas un problème d’aujourd’hui. C’est parfois l’écho d’un ancien manque que tu n’as jamais osé regarder avec honnêteté. Tu t’es dit “c’est comme ça”, tu t’es blindé, tu t’es convaincu que tu étais passé à autre chose. Mais ton système émotionnel, lui, n’a pas signé ce contrat-là. Il continue d’associer décembre à des émotions lourdes : rejet, peur, insécurité, tristesse. Et tant que tu ne prends pas le temps de revisiter ces blessures avec douceur, elles vont continuer à se manifester sous la forme de ce vide intérieur que tu ne comprends pas.

3. Tu joues un personnage pour survivre à cette période

Troisième source de ce vide : le rôle que tu joues. Peut-être que tu es celui ou celle qui “tient tout le monde”, qui organise, qui rassure, qui gère les conflits, qui fait en sorte que tout se passe bien. Peut-être que tu es celui qui fait rire, qui allège l’ambiance, qui fait semblant que tout est cool pour éviter que les tensions explosent. Ou à l’inverse, peut-être que tu as appris à disparaître, à te faire petit, à ne surtout pas déranger. Peu importe le rôle, si ce n’est pas toi, tu vas finir épuisé.

Ce personnage que tu actives chaque décembre, tu le connais bien. Tu mets ton masque, tu t’entends parler, tu te vois faire. Et même si tu fais ça presque automatiquement, une partie de toi sait très bien que ce n’est pas authentique. À la fin de la journée, tu te sens vidé parce que tu as dépensé ton énergie à maintenir une version de toi qui n’est pas alignée. Le vide que tu ressens, c’est le manque d’authenticité. C’est ton vrai toi qui reste à l’arrière-plan, assis dans le noir, à regarder le spectacle sans être invité sur scène.

Comment apprivoiser ce vide plutôt que le fuir

La première chose, c’est d’arrêter de te juger. Tu n’es pas anormal parce que tu te sens vide en décembre. Tu n’es pas en train de rater ta vie parce que tu n’es pas “joyeux” comme les pubs de Noël. Tu es en train de ressentir quelque chose de profondément humain. Plus tu vas te traiter comme un problème à régler, plus ce vide va se figer. Au contraire, si tu l’abordes comme une information, une invitation à te regarder avec honnêteté, tu vas découvrir que ce que tu ressens est logique, cohérent, même sain.

Ensuite, il y a un truc simple mais puissant : au lieu de chercher à remplir ce vide à tout prix, prends un moment pour t’asseoir avec lui. Littéralement. Tu te fais un thé, tu fermes ton écran, tu prends un cahier et tu écris. Tu ne cherches pas à faire joli, tu ne cherches pas à être rationnel. Tu laisses sortir les phrases comme elles viennent : “Je me sens vide parce que…”, “En vrai, ce que je ressens, c’est…”, “Ce que j’aurais aimé cette année, c’est…”. Tu vas voir, c’est inconfortable au début, mais après quelques lignes, des choses vont remonter. Des vérités que tu n’avais jamais formulées clairement, des besoins que tu n’assumes pas, des regrets que tu refuses de nommer. C’est là que ça commence à se transformer.

À ce moment-là, c’est souvent là où certains se sentent un peu dépassés. Parce qu’une fois que tu ouvres cette porte, tu te rends compte à quel point tu t’es éloigné de toi-même. Tu te dis : “Ok, je comprends mieux pourquoi je me sens comme ça, mais je fais quoi avec ça maintenant ?” C’est exactement dans ces moments-là que je trouve précieux d’avoir un cadre, des exercices concrets pour ne pas rester coincé dans la réflexion.

Si tu sens que ça résonne, je te conseille vraiment d’explorer un parcours d’exercices guidés pour te reconnecter à toi-même. Il existe toute une série d’exercices conçus par Francis Machabée, quelqu’un que je trouve profondément inspirant dans sa façon de travailler la psychologie positive. C’est un chemin doux mais structuré, semaine après semaine, pour te remettre au centre de ta vie et apprendre à écouter ce que tu ressens sans t’en excuser. Si tu sens que tu as besoin d’un fil conducteur pour sortir du pilote automatique, ça peut vraiment t’aider à transformer ce vide en point de départ plutôt qu’en fatalité.

Transformer ton vide de décembre en point de bascule

Ce qui est intéressant, c’est qu’une fois que tu arrêtes de lutter contre ce que tu ressens, le vide en décembre se transforme. Il passe de “trou noir” à “espace disponible”. Une sorte de zone neutre dans laquelle tu peux enfin te poser les vraies questions : qu’est-ce qui ne me ressemble plus dans ma vie ? Quelles relations me vident plus qu’elles ne me nourrissent ? Où est-ce que je me mens encore juste pour garder la paix ? Quelles parties de moi j’ai sacrifiées pour être aimé, accepté, validé ? Tu n’es pas obligé de tout changer le 1er janvier. Mais tu peux décider que ce que tu ressens en ce moment ne sera pas ignoré une année de plus.

Peut-être que ce vide vient te dire que tu as besoin d’apprendre à dire non. Peut-être qu’il vient te rappeler que tu t’es perdu dans une relation où tu as oublié tes propres besoins. Peut-être qu’il te montre que tu as laissé ton quotidien se remplir de choses “pratiques” mais presque plus rien qui t’anime pour vrai. Peut-être qu’il te signale juste que tu es fatigué de jouer un rôle qui ne te ressemble plus. Tout ça, ce ne sont pas des échecs. Ce sont des signaux de recalibrage.

Ce que décembre essaie vraiment de te dire

Au fond, ce vide que tu ressens en décembre, ce n’est pas un bug à corriger. C’est une conversation que ton cœur essaie d’avoir avec toi depuis longtemps. Il te dit : “Tu vaux plus qu’une vie en mode survie. Tu vaux plus que de faire semblant. Tu vaux plus que d’être présent physiquement mais absent intérieurement.” Et oui, c’est inconfortable de l’entendre. C’est plus simple de se distraire, de faire comme tout le monde, de se dire que “ça ira mieux l’an prochain”. Mais tu le sais déjà : chaque année, ça revient. Tant que tu n’écoutes pas, ça revient.

Alors peut-être que cette fois, tu peux te faire une promesse différente. Au lieu de te dire “je veux que décembre soit parfait”, tu peux te dire : “Je veux que décembre soit vrai.” Vrai avec toi. Vrai avec ce que tu ressens. Vrai avec ce que tu n’acceptes plus. Tu n’as pas besoin de tout régler d’un coup, tu n’as pas besoin de tout comprendre, tu n’as pas besoin d’être “guéri” pour avoir le droit de ressentir ce que tu ressens. Tu as juste besoin d’arrêter de te trahir.

Et si le vide en décembre n’était pas le signe que quelque chose manque dans ta vie, mais le signe que quelque chose en toi veut enfin naître ? Une nouvelle façon de te respecter. Une nouvelle façon de choisir. Une nouvelle façon d’être présent à ta propre existence. Ça ne se fait pas en un claquement de doigts, mais ça commence souvent par un moment comme celui que tu vis maintenant : un moment où tu te dis “ok, ce que je ressens mérite d’être pris au sérieux”. Rien que ça, c’est déjà énorme.

Tu n’es pas bizarre. Tu n’es pas cassé. Tu es en transition. Et parfois, la transition se ressent comme du vide avant de ressembler à une nouvelle vie.

Par Gabriel Tellier

Gabriel Tellier bouscule les certitudes et pousse à l’action. Avec un regard lucide et des conseils concrets, il aide à mieux comprendre ses blocages, à se remettre en question et à avancer vers une vie plus épanouissante.